Photo de Cory ESTOURNET Arrêter de mentir

  • 9 fév.

Cette petite voix qui te parle mal : et si ce n’était pas vraiment toi ?

  • Cory ESTOURNET

Il y a cette voix intérieure que beaucoup de personnes connaissent très bien.
Elle est là au quotidien.
Parfois discrète, parfois envahissante.
Elle commente ce que l’on fait, ce que l’on dit, la manière dont on agit, et ce que l’on aurait pu faire autrement.

Chez certaines personnes, elle est presque permanente.
Elle observe, elle juge, elle corrige.
Et surtout, elle parle rarement avec douceur.

Quand j’accompagne des personnes qui veulent arrêter de mentir, cette voix est presque toujours là, comme une présence familière, installée depuis longtemps.
Elle fait partie du décor intérieur.
On a fini par croire qu’elle était normale.

Très souvent, on pense que cette voix nous définit.
Qu’elle dit quelque chose de profond sur qui nous sommes.
Qu’elle reflète notre caractère, notre exigence, notre manière d’être.

En réalité, cette façon de se parler s’est construite.

On vit dans une société où l’on valorise la performance, l’adaptation, la conformité.
Dès l’enfance, on apprend à faire “comme il faut”.
À répondre aux attentes.
À rentrer dans des cadres parfois très étroits.

À l’école, on nous dit quand nous lever, quand nous asseoir, quand parler, quand nous taire.
On nous apprend à structurer notre pensée d’une certaine manière, à produire ce qui est attendu, à corriger ce qui dépasse.
Peu à peu, on intègre l’idée qu’il y a une bonne façon d’être, et que s’en éloigner peut coûter cher.

C’est souvent là qu’une voix s’installe à l’intérieur.
Une voix qui surveille.
Qui anticipe.
Qui cherche à éviter l’erreur, la remarque ou le rejet.

Cette voix n’est pas apparue pour nous abîmer.
Elle s’est mise en place pour nous protéger.

Julie (prénom inventé pour garder l’anonymat) me disait qu’elle ne se laissait jamais tranquille.
Même quand quelque chose se passait bien, elle entendait immédiatement ce qu’elle aurait pu faire mieux.
Elle minimisait ses réussites, parlait peu de ses difficultés réelles, et disait souvent que “ça allait”, alors que ce n’était pas vraiment le cas.

Avec le temps, cette manière de se parler a des conséquences.
On commence à se retenir.
À se censurer.
À montrer une version de soi plus acceptable, plus conforme à ce que l’on pense que les autres attendent.

Et parfois, sans même s’en rendre compte, on en arrive à mentir.
Pas forcément de grands mensonges.
Mais des arrangements avec la vérité, pour éviter d’être jugé·e, déçu·e, rejeté·e. 🌫️

Comprendre ça change beaucoup de choses.

Cette voix intérieure dure et critique n’est pas une preuve que quelque chose ne va pas chez toi.
C’est souvent la trace d’un fonctionnement appris, intégré très tôt, et jamais réellement questionné.

Dans mon travail, je m’appuie notamment sur une approche en psychologie appelée l’Internal Family System, si tu veux aller te renseigner.
Elle part de l’idée que nous avons différentes parts de nous.
Certaines cherchent à nous protéger.
D’autres nous poussent à avancer.
Le critique interne fait souvent partie de ces parts protectrices.

Il intervient pour dire “attention”.
Il rappelle ce qui a déjà fait mal.
Il essaie d’éviter que certaines situations se reproduisent.

L’entendre n’est pas un problème en soi.
Ce qui devient difficile, c’est quand cette voix prend toute la place et qu’on lui laisse décider à notre place.

Quand elle dirige tout, elle peut nous éloigner de ce que l’on ressent vraiment, de ce que l’on veut, de ce qui est juste pour nous.
Et c’est souvent à cet endroit-là que le mensonge s’installe, doucement, presque sans bruit.

👉 Si tu te reconnais dans ces mécanismes et que tu sens que le mensonge fait partie de ta vie — envers toi-même ou envers les autres — la formation “Arrêter de mentir” peut t’aider à comprendre ce qui se joue et à retrouver plus de justesse dans tes relations.

Il est possible d’apprendre à se parler autrement.
Cela passe par une meilleure connaissance de soi, par l’observation de ce qui se passe à l’intérieur, et par le fait de remettre de la douceur là où il y a surtout eu beaucoup de pression. 🤍
Ce chemin demande du temps, de la patience, et surtout de la bienveillance envers soi.

Ce texte est une première invitation.
À regarder cette voix différemment.
À ne plus la confondre avec qui tu es.

Dans le prochain article, je t’expliquerai plus précisément d’où vient cette voix, comment elle se construit dès l’enfance, et pourquoi certaines personnes la ressentent de manière si intense. 🌱

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