- 16 sept.
La rentrée scolaire : le moment idéal pour repartir sans mentir ?
- Cory ESTOURNET
La rentrée scolaire est souvent synonyme de nouveau départ. Nouveaux objectifs, nouvelles habitudes, parfois même nouvelles rencontres... C’est un moment où l’on se dit facilement que cette année, on fera certaines choses différemment. 🍂
Tu te promets peut-être de mieux t’organiser, de prendre davantage soin de toi, de dire plus souvent ce que tu penses, de poser tes limites ou de ne plus remettre certaines choses à plus tard.
Alors j’ai envie de te proposer une autre réflexion : et si cette rentrée était aussi l’occasion d’arrêter de mentir, à toi-même comme aux autres ? 🌱
Je ne parle pas nécessairement des grands mensonges auxquels on pense spontanément. Je parle aussi de tous ces petits mensonges du quotidien, parfois devenus si habituels qu’on ne les remarque même plus.
On peut mentir pour beaucoup de raisons, et la volonté de manipuler quelqu’un est loin d’être la seule. Le mensonge peut aussi devenir une stratégie de protection.
Tu peux mentir pour éviter un conflit, préserver ton image, ne pas décevoir, obtenir l’approbation des autres ou cacher une partie de toi que tu considères comme une faiblesse. Parfois, le mensonge devient presque automatique : tu réponds sans réfléchir parce que tu as pris l’habitude de modifier la réalité. D’autres fois, tu sais parfaitement que tu es en train de mentir.
Et puis il existe une autre forme de mensonge, parfois plus difficile à identifier : celui que l’on se raconte à soi-même.
« Je vais bien. »
« Ce n’est pas si grave. »
« Ça ne me dérange pas. »
À force de répéter certaines phrases, on peut finir par ne plus questionner ce qu’elles cachent réellement. Dire que quelque chose ne te dérange pas peut, par exemple, t’éviter de reconnaître que tu as été blessé·e. Tu peux sincèrement finir par croire à certaines histoires que tu te racontes parce qu’elles te protègent d’une réalité plus inconfortable.
C’est aussi pour ça que j’aime rappeler que derrière le mensonge, il y a souvent beaucoup plus à comprendre que le mensonge lui-même. 🤍
Certaines personnes que j’accompagne vivent d’ailleurs avec cette contradiction depuis des années : elles mentent alors qu’elles n’aiment pas mentir. Elles aimeraient être plus honnêtes, mais elles ne savent plus vraiment comment sortir de ce fonctionnement. Et avec le temps peuvent apparaître la culpabilité, la honte, l’anxiété ou simplement la fatigue de devoir continuer à maintenir une réalité qui ne correspond pas complètement à ce qu’elles vivent.
Petit à petit, une distance peut se créer entre la personne que tu montres aux autres et celle que tu es réellement.
Et cette distance peut devenir lourde à porter. 😔
Parfois, un comportement qui t’a aidé·e ou protégé·e à une période de ta vie ne correspond simplement plus à la personne que tu veux être aujourd’hui. Le comprendre permet déjà de regarder tes mensonges autrement, avec un peu plus de curiosité et un peu moins de jugement. 🌿
La rentrée peut être un moment intéressant pour faire ce point. Pas parce que tu serais obligé·e de changer quelque chose en septembre, mais parce que cette période crée souvent naturellement une sensation de nouveau départ.
Alors tu peux profiter de ce moment pour te poser quelques questions :
Est-ce que je mens régulièrement, et à qui est-ce que je mens le plus ?
Qu’est-ce que j’essaie d’éviter ou d’obtenir lorsque je mens ?
Est-ce que certains de mes mensonges sont devenus tellement habituels que je ne les questionne même plus ?
Est-ce que je me sens en accord avec la personne que je suis lorsque je mens ?
Et si je pouvais changer une seule chose dans mon rapport au mensonge cette année, laquelle serait-ce ?
Tu n’as pas besoin d’avoir immédiatement toutes les réponses. L’idée est simplement de commencer à observer ce qui se passe. 👀
Pour moi, arrêter de mentir est profondément lié à l’authenticité et à l’alignement. Il ne s’agit pas de tout dire à tout le monde, de ne plus avoir de jardin secret ou de partager chacune de tes pensées.
Il s’agit plutôt d’apprendre progressivement à faire correspondre ce que tu dis, ce que tu penses, ce que tu ressens et la personne que tu as envie d’être. ✨
Et ça commence souvent par la compréhension de tes propres mécanismes : pourquoi est-ce que je mens dans cette situation ? Qu’est-ce que j’essaie de protéger ? Qu’est-ce que j’ai peur de perdre ? Qu’est-ce qui serait difficile si je disais simplement la vérité ?
Si tu sais aujourd’hui que tu mens, que cela te pèse et que tu as envie de changer, cette rentrée peut être l’occasion de prendre une première décision très simple : commencer à regarder tes mensonges en face.
Parce qu’il est beaucoup plus facile de changer un comportement lorsqu’on comprend pourquoi il est là.
Et si tu sens que tu as besoin d’aide pour faire ce travail, on peut prendre un moment pour en parler ensemble lors d’une consultation. Ce sera un espace pour poser ce que tu vis, comprendre ce qui se joue derrière tes mensonges et commencer à travailler concrètement sur ce qui te bloque aujourd’hui. L’objectif est de t’aider à avancer vers une vie dans laquelle tu te sens plus libre, plus serein·e et surtout plus toi-même. 🌻
Références :
DePaulo, B. M., Kashy, D. A., Kirkendol, S. E., Wyer, M. M., & Epstein, J. A. (1996). Lying in Everyday
Life. Journal of Personality and Social Psychology, 70(5), 979–995.
Armas-Vargas, E. et al. (2023). A systematic review of the motivations for lying. Frontiers in Psychology.
Levine, E. E., & Schweitzer, M. E. (2014). Are Liars Ethical? On the Tension Between Benevolence and
Honesty. Journal of Experimental Social Psychology, 53, 107–117.
Slepian, M. L., Halevy, N., & Galinsky, A. D. (2017). The solitary costs of working out of alignment with
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Wickham, R. E. et al. (2024). Deception is associated with reduced social connection. Journal of Social and
Personal Relationships.
Kernis, M. H., & Goldman, B. M. (2006). A multicomponent conceptualization of authenticity: Theory and
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